Elles sont partout et souvent sous-exploitées, pour faire la lumière sur ces infrastructures, une réunion technique « Bords de Champs »  est organisée le 11 décembre à Arras et réunira des experts venus de toute la France. Entretien, avec Pauline Lebecque, conseillère biodiversité à la Chambre d’agriculture.

 

De quoi parle-t-on exactement ?

Un bord de champs désigne l’espace présent qui s’étend entre une terre agricole travaillée et toute autre milieu : une route, un chemin, un cours d’eau, une ripisylve, un fossé, une autre parcelle. Plusieurs types d’éléments peuvent le composer. Il peut s’agir de bordures herbacées, arborées telles que des haies et des bandes enherbées, ou encore des fossés, talus, clôture le tout séparé ou associé).

La région Centre Val de Loire est pionnière sur le sujet, qu’en est-il de notre région Hauts-de-France et nos départements ?  

Quasiment chaque parcelle des Hauts-de-France possède un bord de champs (sauf quand il s’agit de parcelles voisines sans séparation). Les largeurs sont très variables (de quelques centimètres à plusieurs mètres). Tous les agriculteurs sont donc concernés par la thématique. Attention, toutes les bordures ne sont pas gérées directement par les agriculteurs, un grand nombre est géré par les communes ou les communautés de communes.

 

Souvent jugés comme contraignants, les bords de champs sont plutôt évités. En quoi, peuvent-ils être intéressants ?  

Ils sont souvent « mal aimés » et c’est dommage. On les accuse notamment d’être source de mauvaises choses pour la parcelle (graines d’adventices, foyers de ravageurs). C’est souvent à tort et c’est très variable selon les pratiques adoptées. En réalité les bords de champs fournissent de multiples services aux agriculteurs, à commencer par la préservation des sols, un abri pour la faune auxiliaire, lutte contre le ruissellement… C’est une zone de « transition » entre le milieu cultivé et le milieu environnant qu’il est important de préserver pour les multiples services rendus.

 

Selon une étude de la Chambre Nord-Pas de Calais, on observe 10 fois plus d’auxiliaires dans une bordure de champs que dans une parcelle, pour quelles raisons ?  

 La flore des bords de champs est spontanée donc adaptée aux conditions du milieu et à la faune locale. C’est un milieu stable (non travaillé au niveau du sol, non traité). Il est donc logique que la faune auxiliaire puisse y trouver refuge. Là encore la gestion de la bordure déterminera le type de flore et la faune associée présente.

 

Si je souhaite développer les bords de champs, quel coup de pouce puis je prétendre ?

Il existe actuellement des aides pour les bords intérieurs des champs au travers des MAEC avec la possibilité de souscrire une mesure de création de couverts d’intérêt faunistique et floristique. Le bord intérieur peut aussi être valorisé comme Infrastructure Agroécologique (IAE) dans le cadre de la BCAE8 et l’écorégime s’il mesure 5 m de large et est implanté avec un couvert herbacé (coefficient d’équivalence PAC IAE :  1ml = 9m²).

 

Enfin, pourquoi ne faut-il pas rater ce rendez-vous technique le 11 décembre à Arras ?

L’idée est d’apprendre à faire de ce milieu considéré comme une contrainte, un outil réellement fonctionnel pour l’exploitation. ça passe notamment par une meilleure connaissance de ses bordures et de l’impact de la gestion adoptée sur les équilibres induits de ce milieu.

Prenons l’exemple de l’entretien. Il est crucial pour favoriser la biodiversité de ces bords de champs. Que ce soit le mode d’entretien, le devenir des résidus d’entretien, la fréquence et les périodes de réalisation, chaque action peu avoir un impact plus ou moins positif sur le milieu (diagramme de décision).

En participant à cette réunion d’information, les participants sauront tout sur la gestion optimisée de ces bords de champs, des témoignages viendront illustrer les pratiques à transférer et celles à éviter. C’est aussi l’occasion de poser ses questions directement aux professionnels, et d’affiner ses choix. Plus vous connaîtrez leur utilité, plus vous y gagnerez ! 

Quand : le 11 décembre de 13h30 à 17h

Où : Salle Hauts-de-France à la Chambre d’agriculture Nord-Pas de Calais (St Laurent Blangy près d’Arras)

Public : agricole (agriculteurs, conseillers, enseignants, étudiants…)

Entrée gratuite, sur inscription ici : https://forms.office.com/e/RTnv4ySc44

Téléchargez le programme complet

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Pour plus de renseignements, n’hésitez pas à contacter votre chambre d’agriculture :

  • Chambre d’agriculture de l’Aisne
    • Benoît LEMAIRE benoit.lemaire@aisne.chambagri.fr / 03 23 22 51 01
    • Calixte LABATUT calixe.labatut@aisne.chambagri.fr / 03 23 22 50 06
  • Chambre d’agriculture de l’Oise
    • Amélie PEAUDECERF amelie.peaudecerf@oise.chambagri.fr / 03 44 11 44 52
  • Chambre d’agriculture de la Somme
    • ​​​​​​​Maryse MAGNIEZ m.magniez@somme.chambagri.fr / 03 22 33 69 48
  • Chambre d’agriculture du Nord-Pas de Calais
    • ​​​​​​​Sophie GRASSIEN sophie.grassien@npdc.chambagri.fr / 03 20 88 67 33   
    • Pauline LEBECQUE pauline.lebecque@npdc.chambagri.fr / 06 85 08 80